Le Lit
15/03/2021
Lola Havez

Cette série photo se base sur un texte tiré du livre Espèces d’espaces de Georges Perec.
Le livre interroge différents espaces, j’ai choisi la partie qui parle du lit. Dans cette partie l’auteur parle du lit comme un espace individuel, un espace du corps solitaire qui se compose avec des objets personnels. Une autre partie parle du lit comme l’espace du rêve, du fantasme le lit est un espace propice aux souvenirs à la nostalgie aux réflexions, à l’introspection de l’esprit.
Ma série retranscrit cette idée par la reconstitution, la mise en scène de différents types d’espaces, où le lit à un rôle principal. On ressent la présence d’un individu par les détails des objets, la personnalisation de la pièce, les mouvements de draps… La présence du studio ou d’éléments du studio tels que les flashs est volontaire, l’aspect étrange et fictionnel interroge le lieu et notre espace.


Lola Havez, Le Lit, 2020.

L’espace de notre vie n’est ni continu, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et où il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça cogne. Nous cherchons rarement à en savoir davantage et le plus souvent nous passons d’un endroit à l’autre, d’un espace à l’autre sans songer à mesurer, à prendre en charge, à prendre en compte ces laps d’espace. Le problème n’est pas d’inventer l’espace, encore moins de le réinventer (trop de gens bien intentionnés sont là aujourd’hui pour penser notre environnement…), mais de l’interroger, ou, plus simplement encore, de le lire car ce que nous appelons quotidienneté n’est pas évidence, mais opacité : une forme de cécité, une manière d’anesthésie. C’est à partir de ces constatations élémentaires que s’est développé ce livre, journal d’un usager de l’espace.
Espèces d’espaces de Georges Perec