Il Pianeta Come Festival
04/02/2021
Elisa Larrière

Elisa Larrière, Il Pianeta Come Festival, 2020.

Empruntant son titre et construit comme un hommage par appropriation du projet de l’architecte et designer italien Ettore Sottsass, le jeu vidéo Il Pianeta Come Festival s’inspire de cette utopie radicale développée en 1972 pour soulever des questions sur la bienveillance des machines et les rapports que nous entretenons avec elles.
Les années 1960-1970 voient le développement d’objets qui sortent des laboratoires pour passer dans la contre-culture. Ces technologies naissantes génèrent de nouvelles pratiques que le philosophe Mathieu Triclot réunit, aujourd’hui, sous le terme Techno transes. Ces objets sont destinés à simuler la prise de drogue, mais vont plutôt être utilisés pour intensifier leurs effets dans une sorte de couplage. Pour leurs concepteurs, ces objets pourraient être vendus en mass market et faire leurs entrée dans tous les foyers.
La plupart de ces machines utilisent des principes de scintillements, de biofeedbacks et de feedbacks audiovisuels qui surchargent l’utilisateur… Tous ces éléments sont des principes que l’on retrouve dans les jeux vidéo.
De tous ces objets qui sortent des laboratoires, seuls les jeux vidéo se sont installés dans les foyers. Les consoles de jeux vidéo réalisent cette individualisation de marchandisation de ces formes de petites hypnoses et petites transes, tout en gardant la continuité technique de l’usage normal des machines informatiques.
Aujourd’hui j’essaie de confronter l’univers utopique de Sottsass à la réalité qu’est devenue le jeu vidéo, comme si ces deux idées nées à la même époque se rencontraient pour donner à voir l’utopie imaginée par Sottsass.


Elisa Larrière, Il Pianeta Come Festival, 2020.