Tissage
07/01/2021
Clélia Guy


Clélia Guy, Il suffit d’appuyer sur l’interrupteur, 2020.

Pour faire ce tissage je suis partie d’un dessin que j’avais fait sur mon carnet. Je voulais le faire en tissage noir et blanc parce que pour moi le tissage c’est des pixels, et je voulais faire une image à partir de 1 (noir) et de 0 (blanc), et travailler sur la trame pour faire du gris. Le tissage, parce qu’il est une matière extensible et souple, peut déformer l’image, et c’est un autre parallèle que je fais avec le numérique qui compresse les images. Aussi lorsque je tisse, j’ai l’impression de faire charger lentement une image, je peux pas faire de bonds, il faut qu’elle se déroule du début à la fin, et ce qui est fait ne peut plus être repris, c’est-à-dire qu’on peut ni sauter des étapes pour aller dans le futur, ni revenir dans le passé de ce qu’on a fait.
Avec les trois cases on peut construire une narration, qui a un peu de piment grâce au personnage mystérieux dans le coin. Mais je vois les trois cases comme une dissection d’un geste qui dure une seconde. Et la rapidité du geste qu’on lit contraste avec le temps de la technique du tissage, de même que la modernité du registre numérique contraste avec l’ancienneté du tissage traditionnel.