Balade
29/12/2020
Sarah Melen

Usure du passage humain.

Usure du passage du temps.

Le réservoir raconte une histoire.

Rendre compte de l’expérience,

Retracer les lignes des déplacements des corps en mouvements dans l’espace.

Reproduire synthétiquement l’érosion des formes créées par les différents passages.

Ici l’enduit fait office de sol et le métal office de corps en mouvement.


Sarah Melen, projection me(n)tal, installation située à l’entrée d’un ancien réservoir d’eau de la ville de Toulouse, 2020.

“texte prétexte à la déambulation me(n)tal.

J’arrive en bas de la rue Garrigou. C’est une petite impasse assez coloré et calme. Le Réservoir se situe tout en haut. Lorsque l’on commence l’ascension de la rue, on se rend compte que quelques maisons recouvertes de lières commencent à faire irruption entre les immeubles majoritaires jusqu’à la.

La rue étant relativement courte, on arrive assez rapidement au bâtiment en question: Le Réservoir. L’entrée, d’extérieur,  ressemble à un simple garage. Une grande et épaisse porte métallique verte me surplombe, béante sur la première salle du lieu. La pièce est assez spacieuse: en forme de L blanc avec de la toiture en charpente marron foncé. La pièce est plus longue que large sauf au début de la pièce; en bas du L. J’avance à l’intérieur de la pièce, sur ma gauche le long de la pièce sont répartis trois rectangles blancs plus ou moins à égal distances les uns des autres. Au fond de la pièce, une petite porte sur ma droite me permet d’accéder à la deuxième salle. Celle-ci a des murs décrépis, à certains endroits des morceaux entiers de murs jonchent le sol. La porte que je viens de traverser se trouve dans un renfoncement sur le bas à droite de la pièce carré aux murs d’un vert émeraude vieilli dans laquelle je viens d’entrer. Un escalier en métal usé vient épouser la salle dans le même état tout le long gauche de la pièce et mène à une porte condamnée plus haute de quelques mètres. Au fond de la pièce, une ouverture nous permet d’arriver dans la troisième salle du lieu. Beaucoup plus basse, le plafond est quadrillé de carreaux en verre très épais et ne doit pas dépasser les deux mètres de hauteur. La pièce est carrée elle aussi et malgré certains défauts et morceaux de métal sortant tout droit des fondations interne au bâtiment, les murs sont assez propre. La porte arrive au milieu de la pièce. Au fond à droite se situe une ouverture qui mène à un escalier qui monte en longeant l’autre côté du mur de droite de la pièce dans laquelle j’étais. Je m’engouffre assez rapidement dans les escaliers. En haut je découvre une pièce très grande tant en superficie qu’en hauteur: un grand rectangle avec certains murs en mosaïque ayant bien vieilli. Au plafond ont peut voir un système assez conséquent de soulevage avec un gros crochet. Les escaliers débouchent à une des extrémités du rectangle, tout au fond, à droite. Sur ma gauche, une autre grande porte métallique se dresse sur la longueur et me permet de me diriger vers la partie extérieur du lieu. une fois la porte dans mon dos je me retrouve au milieu d’une allée qui se termine en cul de sac vers la droite, je me dirige donc vers la gauche sur quelques mètres. Une fois arrivé à l’extrémité du bâtiment, je débouche dans un grand rectangle. Il suit la ligne tracée par les bâtiments que j’ai traversés. D’abord sur ma droite ou le rectangle est délimité d’abord par le mur du fond de la salle que je viens de quitter. La largeur droite du rectangle est constituée du mur de la deuxième salle, la porte condamnée s’y trouve au milieu. en face de moi, un mur, à gauche, une montée qui mène à un portail, dans la rue d’après.”

Le réservoir raconte une histoire. Il raconte une histoire qui va bientôt prendre fin dû à la future destruction du bâtiment. En partant de ce principe j’ai écrit un texte descriptif du lieu que j’ai nommé “texte prétexte à la déambulation me(n)tal”. Il est question d’une description du lieu dans laquelle je déambule. J’ai ensuite fait lire le texte à plusieurs personnes n’ayant jamais vu le réservoir leur demandant de tracer mon déplacement dans l’espace d’après le texte. Une fois ma banque de données complète je me suis inspiré des résultats de dessins ainsi que des plans originaux de la structure du bâtiment pour produire une forme en métal. La forme ainsi produite et suspendue en l’air va venir produire des ombres sur les murs du réservoir. Ces formes projetées seront ensuite gravées dans un enduit préalablement posé sur le mur. Le module métallique serait immobile et resterait accroché dans l’espace d’exposition dans la mesure du possible.

Le réservoir qui est un lieu qui se dégrade de plus en plus et n’est pas réellement entretenu au fils des années dû à sa prochaine destruction. J’aimerais pouvoir mettre en avant ces particularités du bâtiment et les mettre en confrontation. Travailler sur des plans fictifs ou réels et sur l’usure d’un bâtiment ainsi comment le rendre compte.