Rencontre
17/12/2020
Juliette Léna Hager Piedagnel

Faire l’expérience de la déréalisation, se déconnecter de la réalité et flotter en marge de celle-ci.


Juliette Léna Hager Piedagnel, Barrière ornementale 2, huile sur toile, 60×80, 2020.

Cela fait un moment que je me trouve préoccupée par l’expérience de la déréalisation, laquelle se trouve être le noyau de mon travail. Je tente de mettre en parallèle la réalité et une simulation de celle-ci, un double jeu entre la rêverie et l’expérience réelle, entre la représentation et la réalité tangible s’affrontant sur un même terrain. Il s’agirait de s’approcher délicatement de la manière dont les choses s’animent et transportent leurs sensations et essences particulières, les rejouant par la suite en transférant leur matérialité dans une dimension autre afin qu’elles incarnent une réalité autre. Les objets que je crée existent de manière autonome mais sont idéalement voués à se rejoindre pour performer et s’activer ensemble sous forme d’installations. De cette manière, les objets interagissent entre eux et viennent raconter des histoires ensembles, déployer un paysage. Je compare la réalité à une scène de théâtre et y extrait ses composantes brutes telles que la maison, le paysage, certains objets spécifiques comme les outils, grâce auxquels je retranscris une copie superficielle du réel. C’est à travers cet acharnement obsessionnel vis-à-vis de certains objets que naît leur déformation, la perte du sentiment de réalité qu’ils transportent, leur déréalisation.


Juliette Léna Hager Piedagnel, Barrière décorative, tissus, rembourrage, 2020.


Juliette Léna Hager Piedagnel, Hache, latex, 2020.


Juliette Léna Hager Piedagnel, Images échantillons d’un projet en cours autour de la maison, latex, photographies, fil à coudre, colle et pigments, 2020.


Juliette Léna Hager Piedagnel, Jardin en construction, installation, photographie imprimée sur lin, fausse pelouse, pierre, fausses fleurs, briques, peinture et tissus sur fil, pinces à linge, 2019.